Monogramme ZL blanc dans un cercle rouge
Sigle DYS-SOCIETY : triangle jaune, rouge et noir avec les lettres D, Y et S
Logo Dysruption : mot « Dysruption » en noir sur un carré jaune
Illustration de l’article « Deux jours, une nuit » : Flavie Romer dans une scène évoquant le texte, style Art nouveau

Deux jours, une nuit

—

par

Flavie Romer

dans

Deux colonnes à faire sur le dernier film des frères Dardenne… et pas grand-chose à en dire.

Je pense à Lambert Wilson lors de l’ouverture du dernier Festival de Cannes citant cette belle phrase de Robert Desnos : « Ce que nous demandons au cinéma, c’est ce que l’amour et la vie nous refusent : le mystère et le miracle ». Du mystère et du miracle, voilà ce qu’il manque aux frères Dardenne comme toujours encensés par la critique. Il est vrai que la critique parisienne surprend régulièrement par ses enthousiasmes (voir la critique du Passé d’A. Farhadi) et des arguments qui paraissent factices, en l’occurrence pour ce film du style : « quelle audace aujourd’hui de faire un film sur la solidarité » ( !). A tel point que ce sujet pourrait faire l’objet d’un article ultérieur.

Les frères Dardenne ont la réputation de diriger leurs comédiens au cordeau. Bizarrement, les premiers plans du film sonnent faux. Sandra dort, elle est réveillée par un appel qui lui annonce son licenciement voté par ses collègues pour préserver leur prime. Est-ce une situation possible dans le monde de l’entreprise ? Elle a deux jours et une nuit pour convaincre ses collègues de voter à nouveau pour elle.

S’ensuit une série de scènes répétitives, Sandra se rend auprès de ses collègues, les uns après les autres. Les réactions sont classiques, de l’amie qui fait répondre par sa fille à l’interphone qu’elle n’est pas là à tous ceux qui s’accrochent à leur prime car ils ont la terrasse à refaire ou de l’électroménager à acheter. La plupart sont désolés et Sandra dit qu’elle les comprend. Une seule scène de violence : un jeune qui cogne un plus âgé au bord de flancher devant le désarroi de Sandra. Les personnages ne sont pas manichéens, ils sont prévisibles, sages, sans relief. Leurs échanges manquent de force et d’ambiguïté. Marion Cotillard, dé-glamourisée, voutée, tête de grenouille, démarche de canard, flanche et puis s’entête, soutenue par un mari aimant. Elle parvient presque à ses fins, la plupart de ses collègues acceptent de renoncer à leur prime. Pourtant à un vote près, elle échoue. Le contremaitre lui proposera in fine de garder son travail et, pour ce faire, de ne pas renouveler un contrat temporaire. C’est une fille bien. Elle ne l’acceptera pas. Mais, elle aura appris à se battre.

Le combat ici parait édulcoré. La vie en entreprise aujourd’hui, même chez les cadres, c’est bien plus violent que ça ! Oui le film des frères Dardenne, dont la réputation sociale n’est plus à faire, n’est pas assez dur. Ils filment un naturel dont on loue la grande précision mais justement trop précis, organisé, parlé et qui manque étonnamment de vie. On en vient à regretter la violence, le foutraque, la spontanéité d’un Ken Loach. Travailleurs français, sortez de votre torpeur ! Réveillez-vous !


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *